Top Girls, une représentation réussie

Vendredi 1er février et samedi 2 février, la troupe des lycéennes de la British Section a donné deux représentations de la pièce Top Girls, de Caryl Churchill à la MJC de La Baule.

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Avant tout, il faut faire l'éloge du travail effectué par ces jeunes comédiennes et par leur professeur, Mme Blasco

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dont le dévouement et l'attention n'ont eu d'égales que la fatigue qui l'a empêchée d'assister aux dernières répétitions. Il faut louer le talent de William Blasco qui est alors venu au pied levé à la rescousse pour mener à bien le projet et s'est remarquablement acquitté de cette tâche.Pour moi, qui ai assisté le vendredi matin, aux derniers préparatifs, je peux dire que j'ai vécu un moment d'émotion quand vers 14h le rideau s'est levé  : Il n'y avait pas eu de temps pour une répétition générale, pas même pour une italienne, et les actrices n'avaient pas encore joué avec leurs costumes.

Elles n'ont eu de temps que pour un rapide échauffement sur scène, d'ultimes recommandations de la part de William et ...lumières !

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Avec leur talent, l'énergie de leur âge, tout leur plaisir aussi de jouer, elles se sont lancées dans le spectacle. Et ce fut magnifique.Pourtant, Top Girls n'est pas une pièce facile. La cause des femmes y est présentée tout en nuances à travers des personnages très différents. L'action se passe dans les années 1980. Au premier acte, Marlene (Louise Parsons, remarquable actrice)  jeune femme ambitieuse qui vient de recevoir une promotion invite autour d'elles des femmes des siècles passés au destin contrarié, malheureux, voire tragique : Isabella (Constance Armengaud belle présence en scène), Lady Nijo, concubine de l'Empereur du Japon (Constance Benmessaoud-Levy, très gracieuse),  

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    Dull Gret, 13  la guerrière scandinave (Nicole Green, drôle et farouche), Pope Joan14 qui finira lapidée (Caroline Le Queau, calme et lumineuse qui saura même dire toute une tirade en latin !), Patient Griselda (à qui Pauline Le Galprête son doux visage). Tandis que la serveuse (Marie Scotto, silencieuse et efficace) s'affaire, chacune va raconter l'histoire de sa vie, telle que l'a faite son époque dans des sociétés dont les règles et les conventions sont régies par les hommes.

Commence ensuite une journée ordinaire dans l'agence de recrutement et de placement où travaillent Marlene, Win 17 (Marie Breton, très à l'aise dans son rôle) et Nell (Agathe Pervier19 qui réussit à composer un personnage encore plus cassant que Marlene). À l'occasion d'entretiens, elles recevront tour à tour des femmes à la recherche d'emploi, ce qui va permettre de montrer d'autres situations de femmes confrontées à des choix difficiles en cette fin de XXe siècle. Ainsi se présentent Jeanine qui voudrait préserver sa vie de famille (Delphine Dubert16 qui sait jouer le pathétique de son personnage), Louise déjà trop âgée pour avoir des ambitions (Coline Bedel20 parfaite de sérieux et de réserve déçue), Mrs Kidd, femme de ménage que Marlène n'entendra même pas 25 (Émilie Tremoureux, étonnante) et la jeune Shona 26 (Lefa Mondon, qui réussit à jouer un rôle dans son rôle et passe, en vain, de l'abattement angoissé à la fantaisie la plus osée).

Mais en cours de journée, est arrivée Angie,21 (Robyn Roper-Campbell, qui joue avec naturel et authenticité) la nièce de Marlène, qui a fui la maison familiale et la vie étriquée de l'Angleterre profonde. Elle admire passionnément sa tante. Elle aussi laissé derrière elle la jeune Kit (Sarah Martinache, touchante dans ce rôle d'enfant sans recours).

Le dernier acte est en fait un retour en arrière, un an auparavant, lorsque Marlene a rendu visite à sa famille. Cette structure de la pièce est très habile. Les dernières actions ne sont pas centrées autour de la réussite de Marlene, mais sur sa confrontation avec sa sœur, Joyce, qui élève seule Angie. Joyce est jouée par Charlotte Slater 35 qui sait faire entendre sa voix de femme courageuse restée sur place entre tâches ménagères et responsabilités. Marlene se révèle fragile et consciente des conflits que sa réussite implique, « not clever, just pushy », dit-elle d'elle-même. Le dernier mot reste à Angie, représentante de la génération suivante, qui avoue qu'elle a peur.

Belle et complexe pièce !

Les décors étaient simples, réduits au minimum pour permettre de situer l'action sans la dévoyer. 37     40 bis  41 42

Les costumes étaient bien choisis. L'aide apportée par Mme chalet a été, comme toujours, précieuse.

 La jeune troupe est partie jouer ce beau et intéressant spectacle cette semaine au théâtre de La Flèche.

 

 Les photos ont été prises pendant la représentation, faute d'une répétition générale, pardon pour leur qualité discutable ! N.R. 

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